Un point une conférence spécial Gonzaga: Mark Few, peu impressionné


Nous sommes revenus plusieurs fois, via "un point une conférence" sur les meilleurs programmes, via les conférences du Power 6, du basket universitaire. Ce billet est un numéro spécial qui fait la part belle à la nouvelle bonne saison des Bulldogs, numéro 2 du pays à la fin de la saison. Une petite mention sera faite à BYU, college présent dans le AP 25 final de la saison à peine écoulée, ainsi qu'à l'un des joueurs de Saint Mary, 3e de conférence.

Je sais que la NCAA c'est beaucoup de conférences, beaucoup d'équipes etc... Pas besoin de suivre à fond chaque conférence (tout bonnement impossible) mais focalisons nous sur les meilleures conférences, les meilleures équipes et pourquoi pas les équipes avec des tops prospects pour la prochaine Draft NBA :)

Gonzaga acte 1 : Une "Mark" pérenne depuis 1999
Mark Few, le "Popovich" de Gonzaga


Gonzaga, ce nom vous parle moins que UCLA, North Carolina, Duke ou Kentucky? Et pourtant cette université de Spokane, dans l'état de Washington, est un modèle de régularité depuis plus de 20 ans. Auparavant, cette fac a été connue notamment pour être celle qui a vu en son sein le meilleur passeur all time de la NBA, le bien nommé John Stockton.


Je suis le président de la passe

Mais depuis 1999, la star c'est cette fac: suite à un beau tournoi (élimination aux portes du final four), Mark Few, assistant coach à l'époque, prend dès lors le poste de coach principal de l'université. S'en suit alors 21 saisons à amasser les titres de conférence (19 fois champion de la saison régulière de conférence plus 16 fois vainqueurs du tournoi de conférence, ce fameux tournoi qui suit la saison régulière de conférence) et d'apparences dans le tournoi NCAA (20 apparitions consécutives... car la 21e n'a pas eu lieu).


Maintenant je suis all star, avec les Pacers

Tout au long de ses années, coach Few a vu une ribambelle de joueurs ayant continué le basket au niveau NBA, avec comme exemple:

"Notre" Ronny Turiaf national (2005-2015), le grand Adam Morrison (2007-2010), un joueur tellement fort en 2005-2006 en universitaire et malgré tout 2 fois champions NBA, Kelly Olynyk (2013-present), le néo all star Domantas Sabonis (2016-present), Zach Collins (2017-present), et tout récemment Rui Hachimura et Brandon Clarke.

Et surtout il a su maintenir un niveau d'excellence en n'hésitant pas à recruter des joueurs étrangers, élément qui avait permis d'intéresser un joueur comme Hachimura par exemple. Avec deux français, un serbe, un malien (redshirt, c'est à dire que cette saison compte pour du beurre, il peut s'entraîner avec sa fac, aller en cours, mais ne brûle pas une de ses 4 années d'éligibilité sportive), un lituanien et un russe dans l'effectif 2019-2020, l'accent international, idée de Few pour avoir sa propre niche de recrutement intéressant sans se battre avec les équipes du Power 6 et des mid-majors, a permis de créer une identité en plus à Gonzaga. Et ceci permet également de perpétuer un cercle vertueux avec les lycéens venant de tout horizon.

Cette régularité dans les résultats et cette internationalisation me fait les comparer aux spurs en NBA.

La seule chose manquante à cette fac est un titre national, titre qu'ils ont raté de peu en 2017 (finale perdue face au North Carolina de Justin Jackson, l'actuel ailier remplaçant de Dallas). C'est tout le mal qu'on souhaite à la classe de 2020-2021 et aux suivantes...


Gonzaga acte 2: Et cette saison?

Joel Ayayi, une bonne saison et puis s'en va?

Comme dit plus haut, les Bulldogs se sont classés au deuxième rang national, derrière Kansas. Pour ce faire ils ont dominé la West Coast Conference (WCC), malgré la belle résistance de BYU (Brigham Young University, une université de l'Utah, Danny Ainge y a été). Avec un bilan dans la conférence de 15 victoires pour une seule défaite (survenue justement à BYU), les coéquipiers de Killian Tillie (13.6 points par match à 53.5% au tir dont 40% à 3 points, 5 rebonds et presque 2 passes) ont fait montre d'une maîtrise collective, notamment offensivement (87.4 points / match cette saison). En plus de la régulière, les Zags ont également remporté le tournoi de conférence, face au 3e de cette conférence, Saint Mary.

Maintenant que la saison s'est achevée prématurément, plusieurs questions vont se poser pour Mark Few et Gonzaga: qui va réellement quitter la fac cette saison? En effet, certains étant seniors sont bien obligés de partir, mais d'autres comme Joel Ayayi (auteur d'une très belle seconde saison), la gâchette Corey Kispert (43.8% à 3 point) et l'intérieur russe, meilleur marqueur et rebondeur de l'équipe, Filip Petrusev se sont déclarés à la draft, sans pour autant écarter l'option de revenir à Spokdane.

Quoiqu'il en soit avec leur méthode de recrutement, l'identité de jeu et les principes inculqués par le coach, on espère revoir Gonzaga la saison prochaine en outsider principal dans la conquête du titre universitaire.


En Bref, Bravo BYU, Fitt à la draft?

Je suis le meilleur joueur de la WCC cette saison!

Si Gonzaga a dominé, elle a trouvé en BYU un adversaire coriace qui a su terminé 2 défaites derrière à peine.Derrière leur intérieur vedette, le senior Yoeli Childs (22.2 point à 57.4% au tir, 9 rebonds) et leurs joueurs d'expérience (dans leurs cinq meilleurs scoreurs, un seul n'est pas senior), la faculté implantée dans l'Utah, à terminer classé dans l'AP Poll à une belle 18e place. Bien que défait en demi du tournoi de conférence par la suite, par Saint Mary (11 victoires pour 5 défaites), on aurait pu voir un parcours intéressant de ces derniers en March Madness.

Saint Mary, finaliste du tournoi de conférence a donc terminé 3e. Je ne vais pas parler d'eux, mais d'un de leur joueur en particulier: Malik Fitts. L'ailier junior (23 ans en Juillet, 16.5 points, 7 rebonds, 40.8% à 3 points) représente selon moi le type de profil qui pourrait se faire snober lors de la prochaine draft (être pris en second tour voir pas du tout). Lui qui a fait l'impasse sur la saison 2017-2018, a engagé un agent, et a décidé de se lancer. Son âge est un des facteurs de sa potentielle précipitation. Le jeune homme est talentueux, en progrès continu sur son tir, c'est également un très bon rebondeur. Un joueur qui sait utiliser son physique, n'a pas peur de provoquer des fautes car bon sur la ligne, son défaut majeur va se trouver au niveau de sa défense: son footwork est perfectible tout comme sa vitesse de déplacement pour gêner ses adversaires (quand on sait qu'en NBA dorénavant il faut être capable de défendre sur plusieurs profils et/ou positions). Il a la maturité et le goût des efforts pour s'adapter. Autre point qui peut le pénaliser est sa propension à jouer avec des œillères parfois, sans faire attention aux spots qui se libèrent pour ses coéquipiers lorsqu'il travaille dans la peinture. Enfin son pourcentage globale au tir est peut-être "a Few" en dessous de ce que l'on peut attendre, preuve qu'il ne travaille pas beaucoup proche du panier, alors que son physique devrait lui permettre d'alterner jeu intérieur et extérieur. En NBA il pourrait jouer 3 et 4 en fonction. Quand on sait que l'on parle quand même d'un joueur star d'une conférence mid-major, cela nous rappelle que la draft se concentre sur le potentiel, chose qui est plus grande chez un freshman qu'un junior senior avec la maturité physique.




Pour les curieux, le classement final de la WCC:



Gonzaga, sorte de modèle à la San Antonio au niveau college, ne pourra pas profiter de la dernière saison de ses seniors comme Killian Tillie afin de s'approcher du titre. Rendez-vous l'année prochaine pour Mark Few et l'université de Spokane, qui en fonction de la draft, pourrait peut-être perdre plus que prévu.

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