Un point, une March Madness: l'upset, une banalité?


Le tournoi national de basket universitaire, aussi connu en tant que March Madness, est toujours un moment attendu par des millions d'américains, et depuis peu, des millions de personnes dans le Monde. L'une des attractions associées à cet événement, ce sont les upsets. Cette année, il semble que nous soyons partis sur un record.

Alors, au final, le modèle ne serait-il pas tout simplement dans la sous estimation des Mid Majors?


Upsets, mais à quel point?

L'upset, selon la NCAA, c'est lorsqu'une équipe qui a un rang inférieur de 5 positions à celui de son adversaire, bat ce dernier.

Un exemple? Rutgers, numéro 10 cette année, a battu Clemson, numéro 7. Si on regarde leur rang sans cette explication, on risque de crier à l'upset, et pourtant ça ne l'est pas.

Par contre Syracuse, numéro 11, qui bat San Diego State, numéro 6, est bel et bien un upset.

Ok pour la définition, mais où je veux en venir? Eh bien tout simplement car même en prenant cette définition au pied de la lettre, on assiste cette année à un nombre record d'upsets.

Les présences d'Oral Roberts, Syracuse ou encore Oregon State, respectivement tête de série 15, 11 et 12, à ce niveau sont les marqueurs d'un tournoi encore plus fou que les années précédentes: 12 upsets lors des deux premiers tours, soit un record dans l'histoire du basket universitaire!

Nous nous retrouvons donc avec quelque chose d'historique, certes, mais au final, un nombre important d'upset, est-ce quelque chose de si exceptionnel?



Retour vers les upsets

Vous l'avez certainement compris, si je pose la question, c'est que bien évidemment nous sommes loin de quelque chose d'exceptionnel.

Tout d'abord, en terme de pure comparaison, si on est sur un record d'upsets avant un sweet 16, il y a eu au moins 10 upsets avant un sweet 16 lors de 8 itérations précédentes (1985, 1986, 1990, 2002, 2006, 2013, 2014, et même 2018).

De plus, lorsqu'on regarde les saisons avec le plus grand nombre d'upsets sur tout un tournoi, 1985 et 2014 dépassent encore cette saison, même si 2 autres upsets suffiraient à dépasser ces deux années.

Même en regardant la particularité de cette année avec 4 équipes de seed 13 ou supérieur passant le premier tour (record), on remarque que les têtes de série 10 à 16 ont déjà joué des mauvais tours aux têtes de séries à un seul digit auparavant (ex: 2016).

On comprend dès lors qu'il y a un caractère exceptionnel à la March Madness 2021, mais qu'au final, nous ne sommes pas sur un événement complètement différent d'autres éditions.

Une question se pose dès lors: Pourquoi les upsets ont lieu?


La beauté du sport... ou un problème plus structurel?

Pour comparer à un sport et une compétition bien plus connus outre Atlantique (oui vous êtes outre Atlantique pour moi^^), regardons le football et la coupe de France:

On a vu Calais en 2000 par exemple, aller en finale, Quevilly en 2012... On reconnait là ce phénomène d'upset!


Mais si cela arrive donc dans différentes disciplines et sur différents continents, le nombre récurrent plus ou moins important de ce type d'événement, lorque l'on se focalise sur la balle orange universitaire, année après année, pose question sur le niveau des conférences, entre une potentielle surestimation des Power 6, et une sous estimation proportionnelle des Mid Majors. C'est en tout cas les questions qui émergent de plus en plus souvent, sur fond de remise en question des principes de sélection du comité.

Accrcohez-vous bien sur cette partie et regardons ça de plus près:



Le comité de sélection de la NCAA, renouvelé, et composé de membres de conférences (commisioners de conférence), et d'universités (directeurs athlétiques), sélectionne 36 équipes sur ce que l'on appelle des bid at-large, afin de s'ajouter aux 32 vainqueurs de conférence. Pour se faire, ils s'appuient sur des critères regroupées sous l'appellation NCAA Evaluation Tool (le fameux NET). Cela forme une métrique qui rend la sélection factuelle normalement.

Mais en y regardant de plus près, un critère comme la force du calendrier porte déjà à interprétation selon certains:

Cela avantagerait les Power 6 conferences des Mid Majors, car étant déjà catégorisé Power 6 conferences, les équipes qui vont forcément avoir la majeure partie de leur calendrier au sein de leur conférence, vont avoir une propension a être bien mieux noté, qu'une équipe des Mid majors, qui elle comptera sur son calendrier hors conférence le plus souvent, avec des confrontations contre des membres des grosses conférences.

Vous suivez?


On en a eu des exemples, d'équipes "rankées", provenant des conférences "mineures", et qui ne remportant pas le tournoi de leur conférence, se sont retrouvées snobées au dernier moment (Utah State, 2004, merci wiki), et on a vu dans l'autre sens, certaines craintes que des équipes au bilan délicat, dans les Power 6, restent trop proche de la "bubble" au point de pourquoi pas les voir sélectionner, même pour un first four...


Lorsque l'on voit en début de saison, un gros match entre Ohio, membre de la Mid-American, et Illinois, l'un des pontes de la Big Ten cette saison, on a du mal à imaginer que l'écart était si important (tête de série #13 vs tête de série #1). Je caricature et vulgarise bien sûr, car une saison s'est écoulée entre temps. Mais la puissance du calendrier des Fighting Illini, et leur saison on ne peut plus solide, prévaut de base sur celui, plus modeste des Bobcats. Lorsque l'on voit Loyola Chicago ou Drake (Missouri Valley Conference), Saint Bonaventure, Saint Louis, Wichita State, Georgia State, sans oublier Houston (j'omets beaucoup d'autres équipes), tout au long de la saison, elles n'ont rien à envier sur le talent montré sur le terrain à des Big Ten, Big East, etc... les résultats historiques et la puissance financière sert donc de séparation sur la ligne de départ, entre Power 6 conferences et Mid Majors, les niveaux actuels tendent à réduire cette ligne, à priori.


La March Madness se joue sur un match. Tout peut se passer, et cela ne veut pas dire que la vérité d'un match est celle du niveau d'une saison. Cependant force est de constater que les équipes des Mid Majors ne servent pas de faire valoir à celles des Power Conferences. Et pour finir sur un pied de nez évident, rappelons que le numéro 1 actuel du pays, invaincu à ce jour, n'est nul autre que Gonzaga, membre de la WCC (Mid Majors), tandis que si Oregon State ou encore Syracuse ont beau avoir réalisé des upsets en étant des double digits, elles n'en restent pas moins des facs provenant des Power 6.


La March Madness a démarré sur les chapeaux de roue, en terme de niveau et de narrative. Des upsets, on en veut, on en a et on en espère pour la suite de la compétition, tout simplement!


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