"War Room" - preview PAC-12: Stanford en chef de file?


On poursuit notre petit tour d'horizon des conférences en s'arrêtant du côté de la PAC-12. Alors que Stanford a été l'une des belles histoires de la saison dernière, pourront-ils confirmer? Oregon, Oregon State, Arizona ou encore ASU seront-elles en embuscade? Quid de UCLA?


Contexte (ou "coup de gueule" au choix)


Suivre certaines affiches de college baseball relève parfois du parcours du combattant. Alors que pour les épreuves reines (football) les chaines nationales se battent pour proposer les plus belles rencontres, c'est le désert lorsqu'il s'agit de trouver un diffuseur pour nombre de conférences! La PAC-12 fait justement partie de ces conférences, car sans le réseau de chaines PAC-12 (on ne peut faire plus explicit) difficile de se poser devant des rencontres pourtant tellement passionnantes, dans une conférence où les niveaux sont très proches. Devant le regain d'intérêt global pour la compétition la saison dernière, ESPN a promis de renforcer son offre de contenu propre au baseball et softball universitaire, mais il semble qu'il va falloir encore s'armer de patience pour voir les batailles de tranchées que vont se livrer la plupart des 11 équipes présentes dans la conférence.

Frustration, quand tu nous tiens...


Un embouteillage par le haut


S'il est facile de se rappeler du parcours jusqu'au College World Series de Stanford la saison dernière, il est bon de se rappeler qu'il y avait eu pas moins de six équipes qualifiées pour le tournoi national dans cette conférence, et que tout en haut de cette dernière on y retrouvait Arizona! Les Wildcats qui n'ont d'ailleurs pas failli à leur statut avec une qualification en College World Series au détriment d'un mastodonte de SEC, Ole Miss, en Super Regionals (lors d'un mano à mano offensif de bonne facture qui plus est).

D'un point de vue général, les équipes de PAC-12 se sont bien comportées durant ce tournoi, montrant une belle image de la conférence, avec des batailles pour la plupart jusqu'aux finales des Regionals. Seul ASU fut surprise en amont par Fairfield, alors que UCLA face à Texas Tech et Oregon face à LSU se sont inclinés face à deux belles puissances nationales, et surtout cela s'était joué au Momentum au détriment des Ducks, avec un dernier match exceptionnel (défaite 8-9 face aux Tigers).

En plus de ces faits d'armes, il faut ajouter des classes de recrutement plus qu'intéressantes, avec notamment des Bruins qui sont classés premier en terme de classe de recrutement pour la saison à venir!

Bon, trêve de bavardages, entrons de plein pied dans la preview, en commençant par...


Les Cardinals sur leur lancée?


Stanford de nouveau à Omaha? image Stanford Rivals

Un peu à la NC State, peu étaient les observateurs qui imaginaient Stanford attérir du côté d'Omaha afin de se battre pour le Graal national. Il faut dire que, si le talent était indéniable, la relative jeunesse du groupe (parlons surtout d'inexpérience car de la jeunesse en college est un pléonasme) posait question et la plupart s'accordait à dire que ce groupe donnerait son plein potentiel, en fonction des départs, en 2022 voir 2023. Eh bien force est de constater que le talent a été plus qu'à la hauteur des espérances en 2021, et que nous sommes désormais en 2022, avec un groupe peuplé en grande partie de sophomores* ayant déjà l'expérience des College World Series!

Par contre, pour contrebalancer déjà l'enthousiasme des fans, comment ne pas parler du départ, par la draft, de leur meilleur joueur, Brendan Beck? Le lanceur, victime collatérale de la pandémie car pénalisé par le faible nombre tour de drafts en MLB cette saison là, était repartie du côté de Stanford pour y faire sa saison senior avant de retenter sa chance pour la MLB en 2021. Et bien lui en a pris car avec une saison exceptionnelle, il a emmené dans son sillage toute la rotation des Cardinals, et a vécu une belle campagne 2021, s'achevant en College World Series, face à Vanderbilt, favoris d'alors, d'un petit point (5-6) dans un match qui aurait pu voir la fac californienne l'emporter. Le joueur a depuis été récupéré par les Yankees en 55e position de la dernière draft, et avec plus de 280 manches jouées à l'université, il laisse un trou en terme d'expérience chez les lanceurs! La grande question va être de voir si le corps de lanceurs, mené désormais par Alex Williams, sera en mesure de step up pour combler le départ d'un tel joueur.

De l'autre côté de la balle, place à l'optimisme! Avec le très attendu Brock Jones lors de la prochaine draft en chef de file, Stanford possède un alignement de talent, que l'on a pu voir à l'oeuvre l'année dernière lors du National Tournament (tout Lubbock s'en souvient!). Un mot également pour dire que Coach David Esquer espèrera de nouveau de grandes performances offensives de son "facteur X" de la saison dernière (selon moi), le receveur Kody Huff, en plus de continuer d'établir des batteries solides avec l'ensemble de ses lanceurs, ainsi que l'on espèrera de notre côté observer de belles choses de leur freshman Braden Montgomery, annoncé comme un potentiel 2-way player de talent!


A Arizona, un retour iconique pour continuer de gagner


Après une très belle saison 2021, ponctuée par une participation aux College World Series, Arizona a dû faire sa mue avec le départ de son entraineur, Jay Johnson, du côté de LSU, ainsi que le renouvellement obligatoire de certaines positions. Pour ne pas casser la dynamique de la saison écoulée, les Wildcats se sont tournés vers un ancien de la maison, un joueur emblématique de la fac durant les années 80, Chip Hale! L'ancien infielder des Twins du Minnesota, passé également par les Dodgers, revient à ses premiers amours avec une équipe pour laquelle il donna tout, et avec laquelle il remporta les College World Series de 1986. Le hasard est bien fait car, s'il a longtemps écumé les dugouts de MLB, il est bon de se rappeler qu'il eut également une petite aventure en tant que manager des Diamondbacks d'Arizona dans les majeures. Bon son expérience ne restera pas dans les annales du baseball professionnel puisqu'en deux saisons dans une équipe moyenne voir faible, il terminera avec un bilan négatif avant d'être démis de ses fonctions.

A Tucson par contre, Hale hérite d'une équipe talentueuse, avec très peu de trou, et il aura pour principale mission de faire des jeunes joueurs de complément de la saison dernière, des titulaires en puissance!

Parmi les forts potentiels de son équipe, il faudra bien entendu surveiller Daniel Susac, considéré comme le receveur le plus complet, le mieux équilibré de la Nation. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard qu'il soit mentionné parmi les premiers noms lorsque l'on évoque la Draft MLB 2022. En plus des sophomores à faire évoluer, Chip Hale devra intégrer au mieux un transfuge important, en provenance de Loyola Marymount, le lanceur "Senior ++" Holden Christian. Ce dernier aurait pu partir tenter sa chance à l'échelon professionnel, mais il a décidé d'apporter son bras gauche et sa science de closer aux Wildcats.

Avec toutes ses armes, Coach Hale va tenter de perpétuer une belle tradition dans cet Etat, avec pourquoi pas le gain du titre conférence, ainsi qu'un destin similaire au niveau national.


Oregon State en 3e larron, où placer ASU?


En toute objectivité, les Universités de UCLA ou Oregon auraient très bien pu être mentionnées comme principales menaces du duo évoqué lors des paragraphes précédents, mais j'ai l'impression qu'Oregon State a les armes pour vraiment titiller toute la conférence. Avec sans doute la meilleure rotation de la PAC-12, représentée par Cooper Hjerpe, et des vétérans au niveau des joueurs de position pouvant apporter rigueur défensive et régularité offensive (à défaut d'être vraiment incroyable de ce côté de la balle), les Beavers ont toutes les cartes en main pour se faire une place au soleil. A voir également ce que le freshman Travis Bazzana, arrivé d'Australie, pourra apporter en terme de production offensive afin d'aider Garrett Forrester et l'alignement.


Parlons d'Oregon justement. Les Ducks, dauphins des Wildcats la saison dernière, nous ont gratifié de l'un des plus beaux matchs du National Tournament 2021, malgré une triste issue pour eux. Le groupe concocté par le front office de l'Université est bourré de talent et de potentiel. Le problème pour Oregon c'est que remplacer des lanceurs starters et d'autres joueurs de champ importantissimes la saison dernière ne se peut se faire sans que l'on ne se pose des questions sur leur compétitivité. Aaron Zavala, élu meilleur joueur de la PAC-12 la saison dernière, est parti chez les Texas Rangers par exemple, et ce genre de joueurs ne se remplace pas si facilement. La véritable interrogation, selon moi, reste la rotation, qui va certainement devoir faire confiance à des joueurs sophomores comme Isaac Ayon. Aux joueurs d'Oregon de se montrer à la hauteur de leur promotion!


Conor Davis et ASU, c'est la bonne? image Arizona State University Athletics

Fort donc de la meilleure classe de recrutement du pays, UCLA et John Savage vont devoir faire progresser tout ce petit groupe après les départs de joueurs comme Matt McLain (parti au 1er tour chez les Reds de Cincinnati). Ce qui était vrai quelques lignes plus haut pour Oregon l'est d'autant plus pour les Bruins. De Malakhi Knight à Gage Jump en passant par Nick McLain, frère de Matt (et Sean, joueur d'ASU), cette classe de Freshmen va avoir pour objectif d'apprendre en étant compétitifs afin de se battre pour un run potentiel vers Omaha en 2023 (ou 2024)...


Un peu comme Chip Hale, Willie Bloomquist revient en terre promise pour aider ses Sun Devils à performer. Avec un alignement comprenant Ethan Long, certainement le meilleur joueur officieux de la PAC-12 la saison dernière (il a pâti selon moi du fait de n'avoir commencé à jouer au sein de l'alignement qu'après quelques semaines), "l'arrivée" de celui qui avait été recruté pour remplacer Spencer Torkelson, Conor Davis, ainsi que d'autres starters de la saison dernière, ASU n'a comme bémol que sa rotation à proprement parler. Alors faut-il parier sur Arizona State dans la course au titre de champion de conférence? Ne jamais dire non concernant les Sun Devils!


Lorsque tu as deux joueurs qui ont marqué les esprits et intégrer Team USA dans la continuité d'une belle saison, tu te dis que tu peux construire quelques chose autour d'eux pour tenter d'accéder au tournoi national. Respectivement lanceur partant et joueur de champ extérieur, Josh White et Dylan Beavers seront les figures de proue d'un programme pas si loin du niveau d'un UCLA ou d'un ASU la saison dernière. Par contre ça risque de manquer de profondeur et une saison ayant toujours son lot de blessures/absences, difficile de voir comment Cal pourra tenir sur la durée. Aux autres membres de l'effectif de step up!


Autre programme à surveiller, Washington State et son jeu offensif et spectaculaire. Par contre en terme de lanceurs, après les départs de leur deux meilleurs joueurs à cette position (Brandon White, Zane Mills), difficile de les voir être plus que du "poil à gratter" dans la conférence. Si en terme de talents le pitching pose question, en terme de profondeur il semble que cela soit mieux cette saison, et si on fait confiance à Collin Montez et autre Jack Smith pour intégrer au mieux Hylan Hall au sein de leur alignement, alors les fans de Wazzu en auront pour leur argent en terme de spectacle et de compétitivité.


Dylan Beavers, l'une des stars de la conférence, image Cal Athletics

Pour finir un mot sur les trois équipes qui semblent plus faibles à l'orée de la saison. Washington et USC sont en pleine reconstruction mais récupèrent des pièces talentueuses pour accélérer le processus. On espère notamment que les Trojans puissent relancer la machine, quand on connait l'historique au niveau baseball de ce programme! Enfin, à l'heure où j'écris ces lignes, Utah semble bien parti pour rester bon derniers de la conférence. Je n'ai pas assez de connaissance sur le sujet, mais il semble que le plus important recrutement des Utes ait été le coaching staff, avec un groupe de coachs qui a été capable de rendre un programme comme Kentucky legit au niveau baseball. On espère qu'il en sera de même pour Utah.

Enfin, comme ce n'est pas forcément facile de le savoir, Colorado n'est pas mentionné dans cet article car ils n'ont tout simplement pas de programme de baseball. C'est d'ailleurs la raison qui fait que la PAC-12 ne tient pas de tournoi de conférence et que le champion se décide via la saison régulière (classement).


Une conférence homogène, avec des programmes de talent, et des équipes habituées à performer à l'échelon national, la PAC-12 nous promet encore de belles batailles cette saison!

On se retrouve dans quelques jours pour une nouvelle preview aux abords d'un autre océan.


*Dû à l'année 2020 impactée par la Pandémie, les grades ont été requalifiés, ce qui veut dire que des 3e années sont sophomores, des 4e années Junior, etc... il s'agit d'une année en plus d'éligibilité voté par le comité universitaire en réponse à l'année perdue due à la pandémie

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