"War Zone" - une troisième semaine incroyable!


Après deux premières semaines de belle facture, la folie s'est emparée des diamants du pays! Entre tournois et confrontations élites, upsets en pagailles et performances de choix, scénarios "Hitchcokien" et dénouement "Spielbergien", le baseball universitaire a su se promouvoir de fort belle manière alors que l'attente se fait sentir du côté des pros. Petite entorse au format habituel car on va récapituler un maximum de choses dans cette mouture.


Merci!


Des ambiances incroyables. Des Dugout en transe, prêts à bondir au moindre point marqué. Des stades acquis à la cause de leurs gladiateurs préférés. Des erreurs certes, mais tellement de générosité...

Si le baseball universitaire n'est en aucun cas comparable avec ce que l'on peut voir du côté de nos franchises préférées en MLB, il nous a rappelé ce week-end pourquoi il était tant adulé, et en quoi il peut aider à donner de l'intérêt aux plus jeunes. Je ne le redirai jamais assez, les sports universitaires aux Etats-Unis sont ceux qui émulent le plus, ceux qui provoquent les sentiments les plus exacerbés et ceux par qui les fans se lâchent le plus. Le sentiment d'appartenance, d'étudiants actuels à alumnis, est tel que l'atmosphère qui entoure une fac ne ressemble en rien à l'atmosphère qui entoure le club, la franchise représentant une ville. Encore une fois il ne s'agit pas de débattre sur la meilleure compétition, celle qui fait les meilleures scores en terme d'audience, les couvertures n'étant pas comparables, le niveau n'étant pas comparable, les moyens mis à disposition n'étant pas comparables, mais plutôt de tout simplement féliciter ce qu'arrive à faire le baseball (et les sports) universitaire(s) en général, notamment de par l'engouement qu'il(s) provoque(nt).


Et lorque l'on se penche sur le week-end écoulé, on se rend d'autant plus compte de la force d'attraction de cette discipline, qui a beau mêlé plus de 300 facs, mais qui pour autant se suit sans déplaisir, bien au contraire!


De Northeastern à UCLA, de Minnesota à LSU, de Washington à South Florida, ils sont des milliers à se battre pour représenter leurs universités, leurs campus, leurs villes et font la fierté de toutes ces entités. Alors avant de commencer, merci à eux de nous offrir un tel spectacle, et merci à vous de suivre tout ceci, même de loin, à mes côtés!


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Par où commencer?


C'est la question rhétorique du jour. Il y a eu ce week-end tellement de performances marquantes, de duels attendus et qui n'ont pas déçu, ainsi que des upsets et une "dramaturgie" propre à la compétition de haut niveau, qu'il est difficile de choisir l'angle d'attaque de cet article.

Plutôt que de tergiverser, commençons tout simplement par le Classic le plus attendu du week-end...


The Shriners College Classic


Fort d'un contingent d'équipes élites du Power 5 avec Texas, le numéro un du pays, Tennessee également classé, Baylor, l'intriguante Power House de Big 12, Oklahoma qui veut se remettre d'une saison délicate, LSU et son offense potentiellement incandescente ainsi que UCLA et ses "baby bruins" en représentant de la Pac-12, le Shriners College Classic, qui se tenait au Minute Maid Park, maison des Houston Astros, n'a pas déçu!

La première journée aura permis de faire la part belle aux lanceurs, avec de grosses performances signées Pete Hansen (Texas, 5 strikeouts, 1 BB, 1 point concédé en 5 manches), Tyler Thomas (Baylor), Jake Brooks (UCLA) ou encore le gros prospect freshman de Tennessee Chase Burns (un qui aurait pu se retrouver directement dans le farm system des Padres en ce moment même, 10 strikeouts, 1 BB et 1 point concédés en 5 manches), sans oublier le duel entre Blake Money (LSU, 7 strikeouts, 1 BB et 3 points concédés dont un mérité en 6.2 manches) et Jake Bennett (4 strikeouts, 1 BB et 1 point concédé en 6.2 manches)! Baylor s'imposa 2-1 face à UCLA pour lancer les festivités, avant un gros duel entre Oklahoma et LSU qui se termina par un Walk-Off win de Jordan Thompson pour les Tigers (4-5 en 11 manches) puis une nouvelle démonstration de Texas, vainqueur de Tennessee 7-2.


Samedi, tous les yeux étaient rivés sur le duel entre Texas et LSU. Il est vrai que beaucoup attendaient de voir comment Tristan Stevens se comporterait face à l'une des meilleures attaques du pays.

Eh bien pas de problème pour le lanceur senior de Texas, véritable icône à Austin: en 7 manches il a écoeuré le lineup adverse, terminant avec 7 strikeouts, aucun but sur balle ni point concédés, s'appuyant principalement sur sa balle rapide et sa balle glissante! Dans les pas de son lanceur, le lineup texan s'est vite mis en évidence, provoquant des erreurs et réussissant quelques coups d'éclat offensifs (comme le home run ramenant 3 points de Douglas Hodo III) afin de remporter le match sans inquiétude, 6-1!

Dans les deux autres matchs du jour, l'heure était à l'orgie offensive plutôt qu'au suspense avec une victoire 15-3 de UCLA sur Oklahoma, tandis que Tennessee passait ses nerfs sur Baylor, 10-5.

Et dimanche, ce qui devait bien finir par arriver arriva: Texas essuyait sa première défaite de la saison, face aux "Cubs" de UCLA. Face aux Bruins, Texas avait décidé d'aligner Lucas Gordon en lieu et place de Tanner Witt par précaution. Le lanceur sophomore, auteur d'un début de saison intéressant, a confirmé avec 4 manches où il n'a concédé qu'un point, laissant le monticule alors que les deux équipes étaient à égalité 1-1. Cependant, alors que Texas ne réussira plus à marquer le moindre point de la rencontre, UCLA en ajouta 4 afin de terminer le tournoi sur un bilan similaire à celui de leur opposant du soir, à savoir 2 victoires - 1 défaite, tout comme Tennessee (vainqueur de Oklahoma, seule équipe ayant perdu l'ensemble de ses rencontres, 8-0) et Baylor (vainqueur d'un LSU en 1-2 sur le week-end).

Alors que l'équipe se concentre avant tout sur le développement de sa classe de recrutement, la première du pays, John Savage a de quoi avoir de l'optimisme sur cette année 1 concernant cette nouvelle génération à LA. Les Kenny Omaya, Ethan Gurson ou encore Jake Palmer ont montré différentes choses sur lesquelles avoir de l'espoir. Côté lanceurs, le transfuge de JUCO Kelly Austin s'est montré à l'aise, tout comme Luke Jewett à la relève (toujours 0.00 d'ERA) ou encore le géant Alonzo Treadwell (2,07 m).

Texas continue d'impressionner, Tennessee possède en Chase Burns une belle solution en attendant un éventuel retour de Blade Tidwell, Baylor s'est bien battu, tandis qu'Oklahoma et LSU auront vu un peu plus sur quels axes s'améliorer en ce début de saison.


Un gros tournoi, dans une belle enceinte MLB, avec un public qui joue le jeu: Ce Shriners College classic aura su nous en mettre plein la vue!


Les autres classic


Notre Dame sans aucune contestation

Présent face à 3 adversaires de Big Ten, les Fighting Irish ont démontré leur supériorité avec 3 victoires, face à Illinois (6-1), Michigan State (2-1) et Minnesota (3-1) avec un même constat: l'exécution est redoutable du côté de South Bend. Et la mention spéciale revient à Austin Temple, auteur d'un gros match ce dimanche, puisqu'en 7 manches, il aura compilé 9 strikeouts, pour un seul coup sûr encaissé (le seul point encaissé par la même occasion) ainsi qu'un seul but sur balle concédé.

3-0 donc pour les Fighting Irish lors de ce tournoi, dans un tournoi qui comptait également Kansas et West Virginia:

Notre Dame, 3-0

Michigan State, 2-1

Illinois, 1-2

Kansas, 1-2

Minnesota, 1-2

West Virginia, 1-2


MVP, Austin Temple, Notre Dame



Wichita State ne lâche jamais

Menés 2 fois 4-0, le vendredi par Iowa, le dimanche par Texas A&M, les Shockers ont à chaque fois su retourner la situation pour l'emporter 6-4 et 6-5 respectivement. Avec une belle correction donnée à Washington State, l'équipe d'AAC a démontré encore une fois qu'il faudra compter sur elle lors des joutes intra conférence. Face à des équipes en recherche de certitudes, Wichita State a su attaquer là où il fallait, après avoir subi les foudres de deux starters, Ryan Prager côté Aggies, Adam Mazur côté Hawkeyes, en appuyant sur les releveurs. La mention revient d'ailleurs à leur 2 way player de première année, Payton Tolle, le MVP incontesté du tournoi. Non content de réussir un double permettant de produire 3 points face à Iowa vendredi, il a tenu en qualité de lanceur partant samedi, sur une distance de 7 manches, pour 4 strikeouts, 2 buts sur balle et un point encaissé (point mérité), puis a terminé son festival en qualité de DH le dimanche, réussissant un 2 runs Home run décisif dans le come back face à Texas A&M, le tout à .571 au bâton.

Wichita State, 3-0

Iowa, 1-2

Texas A&M, 1-2

Washington State, 1-2


MVP, Payton Tolle, Wichita State


East Carolina se rassure

Qu'il semblait loin le temps où on annonçait les Pirates comme l'équipe hors Power 5 avec le plus de chances de déranger les meilleures équipes de la Nation. Auteur d'un début de saison pour le moins poussif, qui les a même vu sortir du top 25 assez rapidement, East Carolina se trouvait dans un tournoi où Maryland, auteur d'un début de saison historique, faisait figure de favoris.

Et pourtant les Pirates ont réussi un week-end de bonne facture, en battant tour à tour Indiana State, Michigan et Maryland lors du LeClair Classic, disputé à Greenville (North Carolina). Si l'absence de Wisenhunt se fait toujours sentir, les battes se sont bien chauffées ce week-end, avec 21 points inscrits sur 32 coups sûrs!

Autre "événement" de ce classic, ce sont les deux premières défaites de Maryland. Auteur jusque là d'un début de saison parfait, les Terrapins n'ont pas su tenir le score lors du premier match face à Michigan pour un match de Big Ten (qui ne compte pas dans le calendrier de la conférence), se sont rattrapés sur le second face à Indiana State avant d'une nouvelle fois se faire renverser malgré un meilleur départ par East Carolina. Le bullpen a eu plus de mal face à une opposition de bonne qualité et Maryland va donc pouvoir se concentrer sur cet aspect lors des prochaines rencontres avec en ligne de mire le début des matchs de conférence.

East Carolina, 3-0

Indiana State, 1-2

Maryland, 1-2

Michigan, 1-2


Si les classic de ce week-end ont été trépidants, que dire alors des séries que l'on a pu observer? On se fait un petit tour d'horizon du reste des faits marquants du week-end.


Le week-end de l'Upset


Une des choses que l'on aime dans le sport, surtout lorsque notre équipe de coeur n'est pas concernée, c'est de voir le petit poucet, le David du match remporter la bataille. En college baseball, pour compléter un upset, il faut réussir à récupérer la série, c'est à dire battre, non pas une fois mais au moins deux, sur une série de 3 matchs, le Goliath adverse.

Et que dire de ceux qui arrivent à passer le balai (remporter tous les matchs de la série)? Eh bien commençons par Northeastern!

Derrière une rotation particulièrement inspirée ce week-end, les Huskies (oui comme UConn) ont écoeuré le Wolfpack de NC State, pourtant dans une belle forme et dans le top 10 avant ce week-end. A l'instar de Tommy White, le joueur de la première semaine, limité à un seul coup sûr en 12 At-Bats, les joueurs de Caroline du Nord n'ont pas su se mettre en rythme face à Northeastern, à l'image du premier match où Cam Schlittler, l'ace de l'université basée à Boston, n'a concédé que 3 coups sûrs sur 8 manches sans point encaissé (il a également retiré 5 joueurs).

De son côté, Gonzaga s'est permis de remporter la série qui l'opposait à Oklahoma State, top 4 du pays avant le déroulement de cette dernière, et à Stillwater qui plus est!

Alors chaque match a été très serré, mais à l'arrivée ils ont complété le sweep et ont pu intégrer le top 25 du pays. Point commun avec Northeastern? La rotation a été injouable:

Gabriel Hughes (11 strikeouts), Will Kempner (5 strikeouts) et Trystan Vrieling (13 strikeouts) s'en sont donnés à coeur joie face aux Cowboys réussissant à gagner 4-3, 2-1 et 2-1.


Gabriel Hughes, l'ace de Gonzaga, image NBC Right now

Peut-on parler de surprise quand on voit la dynamique de Mississippi State? Peut-être pas mais toujours est-il que Tulane rencontrait les Bulldogs en qualité d'outsiders et non le contraire. Et après un premier match en guise de giffle, on pensait Hail State en capacité de complètement se relancer. Derrière un Landon Sims qui était parti sur des bases exceptionnelles, mais qui s'est blessé et dont la saison est actuellement au coeur de tous les sujets du côté de Starkville, Mississippi State remportait donc le premier match 19-2. Mais la Green Wave (surnom de Tulane) a réussi à renverser le momentum et à s'emparer des deux matchs suivants afin de s'adjuger la série au nez et à la barbe d'une équipe qui commence à inquiéter de plus en plus.

Dernier élu des têtes d'affiche de l'upset: Texas State. Alors qu'on attendait beaucoup d'eux la saison dernière en Sun Belt, ils avaient raté le coche et n'avaient pu participer au tournoi national. Parti affronter une belle équipe d'Arizona à Tucson, les Bobcats, vaincus lors de l'opener 7-2, ont su renverser la vapeur, remportant les deux derniers matchs de la série, 6-2 et 7-3, derrière une production offensive de premier plan. Louisiana, South Alabama ou encore Georgia Southern ne l'espèrent pas, mais Texas State possède toutes les cartes pour réclamer le trône de la conférence.


Les upsets font partie de la sève du sport universitaire, on en verra d'autres tout au long de la saison, mais ceux vus plus haut, arrivés un même week-end, ajoute encore plus d'exceptionnel à la semaine qui vient de s'écouler!



Les Tendances



Ole Miss est solide, Vanderbilt préchauffe. Clemson est sur le début de saison de "sa vie", Florida a renversé Miami à Coral Gables. A noter également, Georgia Tech, Texas Tech, Liberty et North Carolina.





Outre bien sûr NC State ou Mississippi State, TCU, battu 2 fois à Kentucky, Georgia, battu 2 fois par Georgia Tech et Miami, défaits 2 fois par Florida, sont en petite chute (rien de bien méchant cela dit). En mention, on peut ajouter Sacramento State et Long Beach State, qui quittent le top 25.


Le focus joueur


Plutôt que de se focaliser sur une performance marquante, je vous fais un mini focus joueur, en vous parlant d'un "revenant", qui, à l'image de sa fac, est en train de revivre en ce début de saison: Ryan Ammons.

Le jeune lanceur gaucher de Clemson, est arrivé en Caroline du Sud lors de la saison écourtée suite aux débuts de la pandémie. Devant attendre la saison suivante, la 2021 pour véritablement débuté sa carrière universitaire, il a eu un rôle très limité, en relève avec un total de 4 manches lancées en 8 apparitions, pour un ERA de 4.50.

Placé en qualité de closer en ce début de saison, il a déjà autant de saves (4) que de manches lancées la saison dernière. Alors qu'il avait eu pour pêché mignon de concéder un grand nombre de buts sur balle en peu d'apparitions, il semble avoir trouvé son rythme de croisière, et derrière lui c'est tout Clemson qui sourit! Les Tigers sont invaincus et Ammons est, sur ce début de saison, à 10 strikeouts pour 1 but sur balle, 3 coups sûrs et 1 point mérité concédés en 6 manches pour un ERA de 1.50.

L'échantillon est encore faible pour savoir ce qu'il adviendra du southpaw, mais à l'image de son équipe, cette renaissance, ou plutôt cette véritable naissance en qualité de lanceur universitaire est un soulagement pour le natif de Caroline du Sud, venu perpétuer ce que ses parents ont entamé, ces derniers étants des alumnis de la fac. Et on continuera à suivre l'évolution de ce joueur tout comme celle de la saison de Clemson.


Ryan Ammons, le closer en hausse du côté de Clemson, image All things Valley League

Les affiches


Comme d'habitude, je communiquerai certainement sur les réseaux sociaux, mais voici 2-3 affiches à ne pas manquer ce week-end, si l'espn player vous le permet:


Du duel ACC

Notre Dame en déplacement du côté de NC State, début de la série dans la nuit de vendredi à samedi, 0h

Florida State vs Wake Forest, début de la série dans la nuit de vendredi à samedi, 0h


Le numéro uno en déplacement chez une SEC

Texas vs South Carolina, début de la série dans la nuit de vendredi à samedi, 1h


Du duel PAC-12

USC vs UCLA, début de la série dans la nuit de vendredi à samedi, 2h

Oregon vs Stanford, début de la série dans la nuit de vendredi à samedi, 3h


Un article un peu plus dense que d'ordinaire au vu des événements du week-end passé, mais qui vous permettra, je l'espère d'avoir assez d'infos sur ce qu'il s'est passé, et vous donnera envie de suivre les semaines qui arrivent en college baseball.


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